• Par St Luc et St Joseph!...

    Ce week-end, j'étais sur Lyon pour un évènement féminin dont je te reparlerais  très rapidement si le poils dans la main que j'ai coupé hier ne repousse pas et plus vite encore...

    Comme on ne prévoit jamais ce qu'il peut nous arriver, il se trouve que j'ai passé la 2ème journée de ce qui s'annonçait comme extraordinaire aux urgences de Lyon. Rien de grave je te rassure (pour le cas où tu t'inquièterais un petit peu), j'y ai passé 6h30 environ, j'en suis sortie, j'ai pris le train de retour et depuis je reste calfeutrée dans mon home sweet home pour ne pas laisser les vilains microbes reprendrent le dessus sur le traitement donné par la gentille docteure.

    J'avais mal commencé la journée, maux de tête, vaseuse, pas bien du tout et à vrai dire, je me suis posée la question de savoir si je rentrais directement chez moi où si je partais quand même sur le festival. J'ai fini par conclure un pacte entre moi et moi même, si je parvenais à m'inscrire à l'atelier qui m'intéressais malgré le retard accumulé, je resterais sinon je repartirais... J'ai pris le métro, le mal de tête s'accentuant, j'ai demandé à une gentille dame sur le quai si par le plus grand des hasards, elle n'aurait pas quelque chose qui pourrait me calmer et il se trouve que par le plus grand des hasards, elle en avait, m'en a donné, j'avais de l'eau, j'ai gobé la pilule et j'ai continué ma route (Je remercie encore la gentille dame ici). En sortant du métro, j'ai fait une centaine de mètres avant de devoir m'assoir sur un bord de trottoir et de finalement rendre tout ce que j'avais réussi à avaler le matin et plus encore... il pleuvait, j'avais froid, j'avais chaud, je ne devais pas ressembler à grand chose avec mes sacs posés à coté de moi et ce que je venais de rendre tout autour. Une gentille dame s'est arrêtée, m'a demandé si j'allais bien, je lui ai répondu que non, si je voulais qu'elle appelle les pompiers, je lui ai répondu que "je ne sais pas" (parce que c'est pas parce que tu vomis dans la rue et que tu ne peux plus marcher que tu va faire déplacer les pompiers, ça va bien finir par aller mieux non?) et puis finalement j'ai dis que oui et dans les 5mn qui ont suivies j'avais tout autour de moi 4 musculeux jeunes hommes aux petits soins rien que pour moi (punaise qu'est ce qu'il ne faut pas faire de nos jours pour avoir 4 jeunes hommes à ses pieds!!!), ils m'ont embarquée dans leur véhicule en me posant un tas de questions auxquelles je m'efforçais de répondre en restant à peu près cohérente (chose qui n'est déjà pas facile en temps normal n'est ce pas!!!) et m'ont transportée aux urgences. 

    Je te passe les détaux, c'est chiant et ça n'a pas vraiment d'intérêts, examens divers et variés, attente et puis encore attente entre 2 somnolences et tout autour de moi un service d'urgence comme une ruche. Couchée dans mon brancard dans le couloir, plus ou moins éveillée, j'observais les évènements... la valse des brancards, les infirmièr(e)s, les aide-soignant(e)s, les médecins qui s'affairaient pour des urgences plus ou moins vitales.... J'entendais l'homme relégué dans un coin qui de temps en temps se mettait à hurler "il y a quelqu'un? ooooh!!! il y a quelqu'un? pu.ain mais on me prend pour un hon... c'est que je dois être un hon... mais ya personne ici, c'est comme un cimetière, c'est des tombeaux tout autour", l'autre qui hurlait "pu.ain enlevez moi cette barrière je suis en train de ch.er dans ma culotte" et les aides-soignant(e)s qui fermement mais patiemment répondaient, je voyais les 3 urgences vitales arrivées en même temps qui ont fait que les urgences non urgentes ont été mises en stand by (on le comprend hein...), et à coté de moi j'entendais et voyais une drôle de dame toute bizarre... il m'a fallu un moment avant de comprendre que c'était la même qui hurlait qu'elle voulait un médecin quand j'arrivais et qui avait été renvoyée au lit manu militari par le service d'accueil. Elle tournait, virait, se levait, se recouchait, cherchait son portable.... Une aide soignante a fini par venir la voir et lui dire que peut être ça serait bien que maintenant elle libère le brancard parce qu'on avait besoin pour les vraies urgences, ce a quoi elle a répondu qu'elle n'avait pas mangé et l'aide soignante est allé lui chercher une collation tout en lui disant que c'était un service d'urgence et pas un hôtel. J'ai finis par comprendre que la dame est une habituée du service, elle se fait emmener le matin dès que le foyer ferme, vient dormir et manger au chaud aux urgences jusqu'à ce que le personnel la mette dehors...

    J'ai observé, à moitié cotonneuse, tout ce ballet autour de moi et j'ai réalisé la patience de ces femmes et de ces hommes qui prennent en charge tout nos maux, nos petits bobos, nos un peu plus gros, nos bobos vitaux, je les ai observés gérer les choses calmement et efficacement, sans jamais élever la voix, sans un mot plus haut que l'autre, avec même beaucoup d'humour parfois et je me suis dit que nous avions de la chance d'avoir ce genre de personnes à notre disposition.

    Quand nous parlons des urgences, en général, c'est pour dire que le service de telle ou telle ville est vraiment tout pourri et que franchement c'est un scandale, que punaise, on a attendu X heures avant d'être pris en charge, que on a fait passer d'autres personnes devant nous sans jamais se poser la question de pourquoi... En partant du principe que nous venons là pour nous faire soigner et que tout le personnel devrait nous accueillir avec tout les égards duent à nous même, sans nous demander si ils ne sont pas en train de lutter pour qu'un autre reste en vie, sans nous dire que si aucun médecin ou personnel n'est disponible c'est que quelqu'un est en train de basculer de l'autre coté et que sa chambre est devenue un champ de bataille contre la mort.

    A ces personnes aujourd'hui, je voudrais dire merci... merci d'avoir accueillie la non véritable urgence que j'étais dimanche, de l'avoir prise en charge,  de lui avoir donné les soins nécessaires, de s'être assurée qu'elle pouvait repartir et de l'avoir libérée...

    Merci d'être là pour nous, pour nos petits bobos, pour la sans abri qui vient se mettre au chaud, pour les plus gros bobos et d'être la dernière ligne de front devant la faucheuse.

    Par St Luc et St Joseph!...

    Image tirée des femmes en blanc de Cauvin et Bercovici, publiée dans le beau journal de Spirou

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